UN STYLO CAPRICIEUX

Publié le par Marie-France Mellone

LE STYLO ENVOUTE

Lorsque je l’aperçus, triste dans la vitrine
Je sus qu’il me fallait l’acquérir sans attendre,
Car il me suppliait d’un œil humide et tendre ;
Une onde de plaisir souleva ma poitrine.

Quand je le pris en main , un éclair de malice
Fit frissonner l’encre jusqu’au bout de la plume,
Je sentis dans mes doigts comme un feu qui s’allume,
Je pénétrai dès lors dans une étrange lice,

Où les mots s’esquivaient en folle sarabande,
Et se posaient, rieurs, au bout de mon stylo,
Comme s’il s’agissait du bec d’un piccolo.
Que faisais-je grands dieux au sein de cette bande !

Car je voulais écrire , un poème, un roman,
Un essai, un pamphlet mais écrire à tout prix !
Oh qu’avais-je donc fait pour payer d’un tel prix
Mon amour du français ,merveilleux talisman ?

Les mots que je formais étaient indéchiffrables,
Ce stylo guilloché n’en faisait qu’à sa tête !
J’étais au bord des pleurs, il me souffla : J’arrête,
Ce que j’ai à te dire est à peine pensable ;

Je te dois cet aveu, surtout ne sois pas triste,
Avant que d’être à toi, j’appartins à Satan,
Je t’ai fait trop de mal et je suis repentant,
Mais tu dois maintenant trouver un exorciste.
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Kate Milie 02/06/2009 00:01

Tous ces mots élégants... C'est nous qui sommes envouté-e-s !

Ghislaine Renard 31/05/2009 11:04

Eh bien, Marie-France, si tu écris avec le stylo de Satan, de quelle couleur est l'encre ? Rouge flamme ou noir brûlé ?