Jeudi 17 février 2011
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20:48
Oh gitan, fais chanter ta guitare pour moi,
Fais-moi mettre le cap pour ces nobles contrées
Où je ne trouverai qu'amour et liberté,
Et où le ciel si pur remplit le coeur d'émoi.
Je me laisse emporter par le torrent limpide
De notes que tes doigts enfiévrés libèrent
Des cordes tremblantes. Le rêve est éphémère
Mais ce sont mille Eden qu'ont vus mes yeux avides.
Les chevaux camarguais s'échappent de l'éclisse,
Et les Saintes Maries et la Provence ardente
Où tes frères de sang viennent dresser leurs tentes,
Face à la mer d'azur qu'aucun souffle ne plisse.
Ton chant agite en moi des racines profondes,
Par delà les frontières, très, très loin d'ici,
Grâce à lui j'ai rêvé. Merci, gitan, merci
De m'avoir un instant fait oublier le monde.
Par Marie-France Mellone
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Lundi 7 février 2011
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16:21
Sur ses jambes de pierre
Où s'accroche le lierre,
Il est depuis longtemps
Le témoin de son temps
Ainsi que la mémoire.
Il connaît bien l'histoire
Des hameaux désertés
Dont il fut la fierté.
Les prénoms des enfants,
Leurs rires et leurs chants
Résonnent sous ses arches
Mais personne ne marche
Le long de la rivière.
Pourtant c'était hier
Que tous les amoureux
S'en venaient deux par deux
Echanger des serments.
Le temps passe et il ment.
Qu'a-t-il fait des toujours
Au sablier des jours ?
Sur ses jambes si lourdes
D'une douleur trop sourde
Le pont a vacillé
Et ses yeux ont cillé.
Il revoit dans un rêve
Des images trop brèves :
Le geste du faucheur,
L'offrande du semeur,
Les épis qu'on moissonne
Et l'angélus qui sonne,
La course d'un carrosse
Qui emporte la noce.
Soudain tout va trop vite,
La mort fait son invite
Sous son horrible masque
Et ses ignobles frasques.
Le pont va s'écrouler !
Mais on entend couler
Une musique douce,
C'est la vie qui repousse !
Par Marie-France Mellone
1
Dimanche 9 janvier 2011
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23:36
C'est au coeur de l'Alpille,
Vers chez maître Cornille
Que je l'ai découvert
Par son fifre guidée,
Au pied d'un chêne vert,
Le vieux berger ridé.
Courbé sur son bâton
Au milieu des moutons
Il avait l'air heureux ;
C'est vrai qu'il a souri
Quand un agneau peureux
Dans son sein s'est blotti.
C'est au coeur de l'Alpille,
Vers chez maître Cornille,
Dans le parfum du thym
Qu'il cache son asile
A l'écart des chemins,
Le vieux berger tranquille.
Par Marie-France Mellone
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Dimanche 12 décembre 2010
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13:50
La brume est dans mon cœur comme elle est sur les monts,
En foulards ondoyant au gré du vent des cimes,
Sanglots effilochés au milieu de l’abîme,
Creuset du désespoir et de ses noirs démons.
Voyageur abusé par le brouillard trompeur,
Je me perds dans mon âme et ses cirques déserts,
Où l’amour et l’absence font un triste concert,
Qui pleure à mon oreille un accord de langueur.
La brume disparaît dans une longue plainte,
Qui se perd en échos le long des vastitudes,
Et s’insinue au fond de mes incertitudes
En habillant d’azur une douce complainte
Qui envoûte l’éther, et le soleil vainqueur
Resplendit dans le ciel et renaît dans mon cœur.
Par Marie-France Mellone
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Lundi 22 novembre 2010
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15:07
QUELQUES FLOCONS
Quelques flocons volètent
A l’épaule du soir
Et se posent, rêveurs,
Aux lèvres de la nuit,
Qui sourit et s’enfuit,
Grisée par ce bonheur
A la saveur d’espoir,
Et de douce bluette.
Quelques flocons paressent
A la joue de la lune
Pour s’en aller dormir
Au front bleuté du jour,
Le cœur plein de l’amour
Qu’ils ont su y cueillir,
De l’offrande opportune
Qu’est sa blonde tendresse.
Quelques flocons se couchent
Sur le seuil de mon âme,
Esclaves consentants
De mes moindres désirs,
Mes intimes soupirs.
Puis-je taire longtemps,
Même si l’on m’en blâme,
Ce frisson à ma bouche ?
Par Marie-France Mellone
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